Afro-descendants & indo-descendants
La Réunion · Antilles · Guyane · Mayotte · Hexagone
Savoirs scientifiques et techniques certifiées de libération émotionnelle, pour notre réparation transgénérationnelle.
Le questionnaire est prêt Participer à La Grande EnquêteGratuit · anonyme · ouvert à toute la diaspora
Ce que je propose
Les offres défilent toutes seules
Tu ne sais pas par où commencer ? Fais d'abord le test offert, ce que tu portes : un vrai questionnaire, construit pour les afro et indo-descendants, avec un socle psychologique et anthropologique.
Accompagnement et transmission.
Ni suivi médical, ni remplacement d'un médecin ou d'un psychologue.
Notre histoire en dates
On nous fait démarrer à l'abolition, comme si avant il n'y avait rien et comme si après on avait attendu. Voilà la vraie ligne.
Le mathématicien Brahmagupta écrit noir sur blanc ce que fait le zéro, et invente le calcul avec les nombres négatifs, qu'il appelle des dettes. Tout ce que tu tapes sur une calculatrice vient de là.
L'empereur Mansa Moussa traverse le Sahara pour aller à La Mecque. Il entre au Caire le 19 juillet, y reste trois mois, et distribue de l'or tout au long du chemin. À son retour, il fait bâtir la grande mosquée de Tombouctou.
Autour de la mosquée de Sankoré, un réseau d'écoles et de copistes. On y recopie des traités d'astronomie, de médecine et de droit. L'Afrique enseignait et écrivait des siècles avant la traite.
Njinga Mbande, reine du Ndongo puis du Matamba, tient tête aux Portugais pendant près de quarante ans, par la guerre et par la diplomatie. Elle envoie des émissaires pousser les esclaves des plantations portugaises à fuir, et elle les accueille. Elle meurt le 17 décembre 1663, à environ 80 ans.
D'après l'historien Prosper Ève, Dimitile, chef marron, rayonne avec sa bande armée des hauts de Saint-Paul jusqu'à Saint-Pierre. Aujourd'hui encore, ce sont leurs noms que porte la carte de l'île.
Les Ndyuka signent un traité de paix avec les Néerlandais, qui reconnaissent leur liberté et leur territoire. 1760, pas 1848. Leurs descendants vivent aujourd'hui en Guyane.
En Guyane, la fuite n'a jamais cessé. Les déclarations de marronnage parues de 1822 à 1848 dans la Feuille de la Guyane sont numérisées : près de cinq mille avis, avec des noms, des âges et des origines. Des gens réels, datés.
La révolte éclate dans la nuit. C'est aujourd'hui la journée internationale du souvenir de la traite, décrétée par l'UNESCO.
Trois députés de Saint-Domingue entrent dans la salle de la Convention. L'un d'eux, Jean-Baptiste Belley, est un ancien esclave. Quelques heures plus tard, la France abolit l'esclavage par acclamation. Ce n'est pas Paris qui a décidé, ce sont eux qui sont venus le chercher.
Ils étaient libres depuis 1794. Bonaparte fait machine arrière : la loi du 20 mai maintient l'esclavage là où il subsistait, et en Guadeloupe il est rétabli le 16 juillet par arrêté de Richepance. Le 10 mai, Louis Delgrès publie sa proclamation, "À l'univers entier, le dernier cri de l'innocence et du désespoir". Le 28 mai, encerclé au Matouba, il fait tout sauter avec plusieurs centaines des siens plutôt que de redevenir esclave. Solitude, enceinte, est exécutée le 29 novembre.
Archives nationales d'outre-mer, cote C 7a 57. Le 10 mai 2022, la statue de Solitude est devenue la première statue d'une femme noire à Paris.
L'indépendance est proclamée. C'est le seul État moderne né d'une révolte victorieuse de personnes réduites en esclavage.
Plus de deux cents esclaves se soulèvent, menés par Elie, forgeron de Célestin Hibon. C'est la seule révolte de l'île menée à son terme. Ils n'incendient rien et s'en prennent au système, pas aux gens.
La répression est un message. 145 arrestations, 25 condamnations à mort le 7 mars 1812, quinze décapitations à la hache, et des têtes exposées pour que l'île regarde. Elie est pris après des jours de forêt et exécuté au printemps 1812.
L'historien Sudel Fuma a retrouvé le délibéré du procès aux archives de Londres, Colonial Office 167/9, absent des archives françaises. La date exacte de l'exécution d'Elie est discutée : l'historien Prosper Ève rappelle qu'aucun document ne la fixe.
Des dizaines d'esclaves menés par Jean-Louis attaquent les habitations pour prendre les armes et marcher sur Saint-Pierre. À l'aube, face aux gendarmes, ils se dispersent dans les bois.
Une soixantaine sont jugés. Le 19 novembre 1822, sept meneurs ont le poing droit tranché puis sont décapités, quatorze sont pendus. Dix autres, dont deux femmes, Apolline et Suzanne, sont fouettés, marqués et condamnés aux fers à vie.
Lucien-René Abénon et Léo Élisabeth, "La révolte des esclaves du Carbet à la Martinique, octobre-novembre 1822", Revue française d'histoire d'outre-mer, t. 80, n° 301, 1993.
Mayotte abolit deux ans avant les Antilles, par ordonnance royale, appliquée sur place le 1er juillet 1847. Pas par générosité : les propriétaires sont indemnisés et les libérés sont soumis à cinq ans d'engagement forcé.
Le décret est signé le 27 avril. Mais il prévoit lui-même un délai de deux mois dans chaque colonie, le temps de sauver la récolte. Résultat : plus les gens se sont levés, plus leur date est précoce.
Paulette Nardal, première femme noire à étudier à la Sorbonne, fonde avec Léo Sajous La Revue du monde noir et tient chaque dimanche le salon où se croisent les intellectuels noirs du monde entier. La négritude s'est pensée là, chez elle. Elle disait n'avoir fait que déblayer le terrain pour les hommes.
Le 26 août 1940, Félix Éboué, né à Cayenne, fait basculer le Tchad dans la France libre : le premier territoire de l'empire à dire non. Le 20 mai 1949 il entre au Panthéon, premier homme noir à y être inhumé. Gaston Monnerville, né à Cayenne lui aussi, petit-fils d'esclave, préside le Conseil de la République à partir de mars 1947 puis le Sénat jusqu'en octobre 1968. Vingt et un ans à la deuxième place de l'État.
Le 22 octobre 1998, les lazarets de la Grande Chaloupe, où les engagés étaient mis en quarantaine, sont inscrits au titre des monuments historiques. En 2006, l'UNESCO classe l'Aapravasi Ghat à Maurice, le quai où près d'un demi-million d'engagés venus d'Inde ont débarqué. Le lieu de l'humiliation devient le lieu de la mémoire.
Le maloya entre au patrimoine de l'humanité. Dans les années 1960, jouer cette musique coûtait cher : rassemblements interdits, tambours confisqués, musiciens arrêtés. Aucun texte ne l'a jamais interdite, elle était réprimée parce qu'elle était politique.
Les premières plantes médicinales de l'île entrent à la Pharmacopée française, dossier porté par une association réunionnaise, APLAMEDOM. C'est une reconnaissance réglementaire de ces plantes. Elle ne transforme pas les usages traditionnels en traitements et ne remplace aucune prescription.
Le gwoka entre au patrimoine de l'humanité. Sept rythmes, deux tambours, le boula et le makè, et une pratique née sur les plantations comme acte de résistance.
Les savoir-faire et la pratique des simples entrent à l'inventaire national. La fiche officielle le dit : ce soin fut longtemps le domaine des femmes, et il s'apprenait en étant soigné, en regardant faire, puis en faisant.
La yole est inscrite par l'UNESCO au registre des bonnes pratiques. Pas seulement un bateau : une technique et une transmission, données en exemple au monde entier.
Le m'biwi entre à l'inventaire national. Un art de femmes, un défi dansé à deux, avec deux bâtons de bambou.
La ligne ne s'arrête pas en 2023. La suite, c'est ce que nos familles savent encore et que personne n'a écrit. C'est ça que l'enquête va chercher.
Gratuit · anonyme · tes réponses font exister le chiffre
Qui je suis
D'abord j'ai vécu. Ce dont je parle ici, je ne l'ai pas lu en premier. Je l'ai traversé, dans ma famille, dans mon corps, et je l'ai vu chez d'autres avant de savoir le nommer.
Ensuite j'ai cherché. Pas pour comprendre en général, pour comprendre précisément. Ce que l'esclavage, l'engagisme et la colonisation ont laissé dans nos familles n'est pas flou et ce n'est pas doux. Ce sont des dégâts, et ils ont des noms. Psychologiques. Neurologiques. Gynécologiques. Ils se voient dans les consultations, dans les chiffres publics quand quelqu'un prend la peine de les produire, et dans tout ce que nos vieux n'ont jamais dit.
Aujourd'hui je transmets. Je ne parle pas de ces familles depuis un bureau. Je vais voir. Ce que je transmets vient de deux endroits : les archives et les textes d'un côté, ce qui se passe réellement dans les maisons de l'autre. Et je ne transmets que ce que j'ai vérifié moi-même.
Ma mission
Rendre le savoir sur ce qui nous est arrivé, et le rendre utilisable. Pas pour ruminer. Pour que ça s'arrête à nous.
Ce à quoi je tiens
Éducatrice spécialisée et psychopraticienne, formée aux techniques de libération émotionnelle. J'étudie l'anthropologie, l'ethnologie et la sociologie.
La newsletter
Une fois par semaine, ce que je trouve dans mes lectures et mes archives, traduit en quelque chose d'utilisable. Tu peux te désinscrire en un clic.
Ton adresse sert uniquement à t'envoyer la lettre. Elle n'est ni vendue ni transmise.
Pour aller plus loin
Tout ce qui ne tenait pas sur cette page est ici, entier et sourcé. Ouvre ce qui t'intéresse.
1848. L'abolition dans les colonies françaises. Les registres des nouveaux libres donnent enfin un nom d'état civil à des gens qui n'en avaient pas officiellement.
1828 à 1933. L'engagisme. Environ 200 000 engagés arrivent à La Réunion, dont 117 000 venus d'Inde et 37 000 d'Afrique. Aux Antilles et en Guyane, plus de 96 000 après 1848, dont 79 % venus d'Inde. Un quart des engagés indiens mouraient avant la fin de leur contrat.
2001. La loi Taubira reconnaît la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité, et demande que ça soit enseigné.
Portail Société de plantation, Musée de Villèle, Département de La Réunion. BnF Patrimoines Partagés. Michèle Marimoutou, Les Engagés du sucre.
En mars 1970, l'affaire de la clinique de Saint-Benoît éclate. Le procès établit 844 avortements dans cette seule clinique pour la seule année 1969, soit plus d'un sur quatre recensés sur l'île. Beaucoup étaient facturés à la Sécurité sociale comme des appendicectomies. Trente-six femmes ont porté plainte.
Au verdict du 5 mars 1971, deux condamnations, les autres médecins relaxés, le tribunal se déclarant incompétent sur le volet des stérilisations. Les femmes ont été déboutées. Aucune réparation.
Le nombre total de femmes concernées reste inconnu : les registres n'ont pas été retrouvés et aucune enquête publique n'a jamais abouti. C'était au même moment que les enfants réunionnais étaient envoyés dans la Creuse.
Proposition de résolution n° 1517, Assemblée nationale, 19 décembre 2018, restée sans suite. Françoise Vergès, Le Ventre des femmes, Albin Michel, 2017.
Au recensement de 2021, 53 % des enfants mineurs en Guadeloupe et 55 % en Martinique vivent en famille monoparentale, et quatre sur dix à La Réunion, contre 23 % des enfants en France en 2023. À Mayotte, 41 % des familles avec enfants sont monoparentales.
On nous explique ça par les gens. L'histoire dit autre chose : pendant l'esclavage, la famille n'avait aucune existence légale, les unions étaient défaites au gré des ventes, et la filiation paternelle n'était pas reconnue. Ce qui a été empêché pendant deux siècles ne se reconstruit pas en deux générations.
INSEE Analyses Guadeloupe n° 84 et Martinique n° 75, janvier 2025, d'après le recensement 2021. INSEE, Dans quelles familles vivent les enfants en 2023 ?, 2025. INSEE Flash Mayotte n° 203, février 2026.
Commençons par ce qui ne se discute pas : sous l'esclavage, le père n'existait pas en droit. Le Code noir de 1685 le dit noir sur blanc. Article 12, les enfants nés d'esclaves appartiennent au maître de la mère, pas du père. Article 13, si le père est libre et la mère esclave, l'enfant est esclave quand même. Article 28, un esclave ne peut rien posséder. Article 31, il ne peut pas aller en justice sans son maître.
Traduction concrète : un homme réduit en esclavage n'avait aucun moyen légal de transmettre un nom, de protéger, de nourrir en propre, d'aller réclamer son enfant. L'article 47 interdisait bien de vendre séparément le mari, la femme et les jeunes enfants, mais seulement au sein d'un même maître, et il a été contourné en permanence. Ça, c'est du droit, pas du ressenti.
Côté recherche, Livia Lesel décrit un père rendu invisible dans Le père oblitéré (L'Harmattan, 1995). Stéphanie Mulot travaille la question du côté des hommes eux-mêmes, avec "Redevenir un homme en contexte antillais post-esclavagiste et matrifocal" (Autrepart, 2009), puis un travail de 2023 qui montre que ça bouge, que des pères reprennent une place, et que le modèle n'est pas figé.
Et maintenant la partie honnête, celle qui permet de tenir la discussion. La thèse "matrifocalité égale héritage direct de l'esclavage" est contestée, et sérieusement. Christine Chivallon soutient que c'est en grande partie un mythe qui ne tient pas dans les statistiques de ménage. Elsa Dorlin et Michel Giraud soutiennent que la catégorie même de famille matrifocale est un regard colonial posé sur nous. Myriam Cottias et Arlette Gautier montrent, archives à l'appui, que plusieurs modèles familiaux ont coexisté, y compris des modèles patriarcaux. Mulot leur répond en 2013 : les statistiques de ménage ne captent pas le phénomène, la matrifocalité est une manière de faire lien, pas un type de foyer. Donc on ne défend pas un chiffre, on décrit une dynamique.
Un dernier point, et il faut le dire plutôt que de bluffer : vivre en famille monoparentale n'est pas la même chose qu'avoir un père absent. L'INSEE compte des ménages, pas des liens. Et sur la question que tout le monde pose, la part d'enfants non reconnus par leur père à la mairie, il n'existe pas de statistique publique récente par département d'outre-mer. Quand on en parle, on en parle sans chiffre officiel.
Code noir, édit de mars 1685. Livia Lesel, Le père oblitéré, L'Harmattan, 1995. Stéphanie Mulot, Autrepart 2009, L'Homme 2013, Recherches familiales 2023. Christine Chivallon, La diaspora noire des Amériques, CNRS Éditions, 2004. Arlette Gautier, Les Sœurs de Solitude. Bernard Moitt, Women and Slavery in the French Antilles, Indiana University Press, 2001. INSEE Analyses Guadeloupe n° 84, janvier 2025.
Aux Antilles françaises, l'historienne Arlette Gautier a montré que l'esclavage a assigné aux femmes une fonction de reproduction en plus du travail. Après l'interdiction de la traite, les colons, privés de nouveaux arrivages, ont mis en place des politiques pour leur faire produire des enfants.
Aux États-Unis, entre 1845 et 1849, le chirurgien James Marion Sims a opéré à répétition des femmes réduites en esclavage pour mettre au point la réparation de la fistule vésico-vaginale. Trois sont nommées dans ses propres écrits : Anarcha, Betsey et Lucy. Anarcha a subi une trentaine d'opérations. Sans anesthésie, alors que l'éther était disponible dès 1846. Il est considéré comme le père de la gynécologie moderne.
Arlette Gautier, Les Sœurs de Solitude, PUR, 2010. Monica Cronin, Anaesthesia and Intensive Care, 2020. Deirdre Cooper Owens, Medical Bondage, 2017.
En Guadeloupe, sur 899 hystérectomies pratiquées entre 2010 et 2015, des fibromes étaient l'indication dans 66,5 % des cas. Le profil des femmes afro-caribéennes est proche de celui des Africaines-Américaines, pas de celui des femmes de l'hexagone. À l'échelle internationale, l'incidence cumulée des fibromes à 50 ans est d'environ 80 % chez les femmes noires contre 70 % chez les femmes blanches.
Sur l'endométriose, la littérature décrit un sous-diagnostic chez les femmes noires. Moins diagnostiquées, ce n'est pas moins malades.
Sur la santé mentale, les deux grandes enquêtes publiques françaises donnent des résultats opposés selon l'outil de mesure employé. Ma lecture : ce qui est mal mesuré est mal financé.
Kadhel P. et al., 2020. Baird D.D. et al., 2003. INSEE Analyses Réunion n° 59 (EHIS 2019) et BEH n° 2, Santé publique France, 2023.
Non, le traumatisme de l'esclavage ne s'est pas inscrit dans notre ADN. L'hérédité épigénétique sur plusieurs générations n'est pas démontrée chez l'humain.
Je ne m'en sers pas comme preuve, même si la phrase ferait un très bon post.
Ce que les chercheurs observent, c'est autre chose : chez les personnes qui ont vécu beaucoup d'adversité, on trouve des différences sur des marqueurs situés autour de l'ADN. Le champ est jeune.
Mais on sait déjà une chose : ces marqueurs ne sont pas fixes. Ils bougent avec ce qu'on vit. Une seule séance de sport suffit à en modifier.
Et le plus solide : la sécurité et le lien changent la biologie du stress. Quand un enfant placé retrouve un adulte qui répond vraiment, sa production de cortisol se réajuste. Montré en essais contrôlés, et répliqué.
Un corps qui a appris le danger peut réapprendre la sécurité. C'est ça le travail.
Parade S. et al., 2021. Barrès R. et al., Cell Metabolism, 2012. Heinrichs M. et al., 2003. Dozier M. et al., 2021.
Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Seuil, 1952. L'épidermisation de l'infériorité : le mépris colonial ne reste pas dehors, il rentre dans la peau et on finit par se juger avec les yeux du colonisateur.
Karima Lazali, Le trauma colonial, La Découverte, 2018. La colonisation a effacé des noms, des filiations et des morts, et ces blancs dans l'histoire travaillent encore les familles.
Myriam Cottias, La question noire, Bayard, 2007. Historienne au CNRS, fondatrice du CIRESC. Elle montre comment la catégorie a été fabriquée par la colonisation elle-même.
Malcom Ferdinand, Une écologie décoloniale, Seuil, 2019. Il relie l'exploitation des corps et celle des terres, et travaille le chlordécone comme un prolongement du système colonial.
Françoise Vergès, Le Ventre des femmes, Albin Michel, 2017. Comment le contrôle de la natalité a été appliqué aux femmes des territoires ultramarins.
Joy DeGruy, Post Traumatic Slave Syndrome, Uptone Press, 2005. Une grille de lecture des réflexes de survie transmis dans les familles afro-descendantes. Honnêtement : ce n'est ni dans le DSM-5 ni dans la CIM, et ce n'est validé par aucune instance clinique. Grille de lecture, jamais diagnostic.
Descendants de survivants. Dans les années 1960, des cliniciens de Montréal constatent un nombre anormalement élevé d'adolescents en souffrance dont les parents étaient des rescapés des camps. Ce cadre existe, il est enseigné, il a ses revues. Il a été construit pour une histoire. Pour la nôtre, presque personne ne l'a fait. (Rakoff, Sigal et Epstein, 1966. Yael Danieli, 1998. Nathalie Zajde, Enfants de survivants, Odile Jacob, 1995.)
La coolitude. Khal Torabully, poète mauricien, reprend le mot "coolie", l'insulte collée aux engagés venus d'Inde après l'abolition, et la retourne en fierté. Exactement ce que Césaire avait fait avec "négritude". (Cale d'étoiles, Coolitude, 1992.)
La crypte et le fantôme. Un secret tellement honteux qu'on ne peut même pas le penser reste muré dans la personne, et passe quand même à l'enfant, qui le porte sans savoir de quoi il s'agit. Leur formule : ce ne sont pas les morts qui viennent hanter, mais les trous laissés en nous par les secrets des autres. (Abraham et Török, L'Écorce et le noyau, 1978.)
La loyauté invisible. La dette qu'on rembourse sans le savoir à ses parents et grands-parents, en reproduisant leurs choix ou leurs sacrifices. Le grand livre des comptes ne s'efface pas tant que personne ne l'a soldé. (Boszormenyi-Nagy et Spark, 1973.)
La clinique transculturelle. Une pratique hospitalière française où la langue maternelle a sa place dans la pièce, et où l'écart entre la culture de la personne et celle des soignants est un levier, pas un obstacle. (Tobie Nathan, Avicenne, 1979. Marie Rose Moro, 1987.)
L'engagisme, et pourquoi certains disent "servilisme". Après 1848, les plantations ont tourné avec des travailleurs sous contrat venus d'Inde, d'Afrique de l'Est, de Madagascar, de Chine. L'historien réunionnais Sudel Fuma a proposé de remplacer "engagisme", qui laisse entendre un libre engagement, par "servilisme".
Questions
C'est un questionnaire de recherche, long, construit pour les familles afro-descendantes et indo-descendantes. Il sert deux choses en même temps.
Pour toi : tu ressors en sachant ce que tu portes, ce qui vient de toi et ce que tu portes pour quelqu'un d'autre.
Pour nous toutes et tous : les réponses constituent une base collective. Aujourd'hui, nos souffrances ne sont pas mesurées, donc pas financées, donc elles n'existent pas pour les institutions. Cette enquête sert à faire exister le chiffre.
Pour les personnes afro-descendantes et indo-descendantes, à La Réunion, en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à Mayotte et dans l'hexagone. Les contenus partent de ces histoires-là, avec leurs langues, leurs familles et leurs archives.
Non. Je ne suis ni médecin ni psychologue, je ne pose aucun diagnostic et je ne remplace personne. Ce que je propose est de l'accompagnement et de la transmission. Si tu es suivie, continue de l'être, et parles-en à la personne qui te suit.
Oui, c'est même le cas le plus fréquent. Une partie du travail consiste justement à reconstituer ce qui manque, avec ce qui reste : les registres, les prénoms, les lieux, ce que disent les vieux, et ce qu'ils ne disent pas.